le temps perdu
n’est pas nécessairement du temps vide
nous ouvrons une page
suivons un lien
regardons une vidéo
lisons quelques lignes
consultons une photographie
puis passons à autre chose
Nous avons l’impression de nous disperser, de ne rien accomplir, de nous éloigner de toute activité véritablement productive.
Goldsmith conteste ce jugement moral. Selon lui, notre conception du temps est profondément marquée par une idéologie de la productivité :
il faudrait que chaque heure produise un résultat mesurable, que chaque lecture conduise à un savoir, que chaque activité possède un objectif clairement défini.
Or, sur Internet, l'expérience se déroule autrement. Nous avançons par associations, bifurcations, rencontres accidentelles.
Une information en appelle une autre, une image réveille un souvenir, une phrase nous conduit vers un auteur inconnu. Nous ne savons pas toujours ce que nous cherchons avant de l’avoir rencontré.
L’errance numérique
peut donc être une forme d’exploration
intellectuelle
Elle ne produit pas nécessairement une œuvre ou un résultat immédiat, mais elle met en mouvement des perceptions, des idées et des relations inattendues.
Goldsmith ne prétend pas que toute distraction
est féconde
il cherche plutôt à montrer que la frontière
entre perte de temps et activité
créatrice est moins nette
qu’on ne le croit
Perdre son temps sur Internet
Harper Perennial 2016 247 pages environ
Un essai sur la distraction,
la création et les nouvelles formes de vie mentale
à l’ère numérique
Kenneth Goldsmith poète et artiste conceptuel américain part d’une question provocatrice et si le temps que nous croyons perdre sur Internet était en réalité une forme de lecture d’écriture de sociabilité et de création ?
Le livre comprend une introduction, huit chapitres, une conclusion et une annexe proposant 101 façons de perdre son temps sur Internet. Son organisation suit volontairement les détours et les associations de la navigation numérique.